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Cinq questions qui permettent de mettre à l'épreuve les données relatives aux émissions de carbone avant même qu'un acheteur, une banque ou un auditeur ne le fasse

En bref : La déclaration volontaire a mis fin à l'obligation, mais le contrôle a été maintenu. Les entreprises qui vérifient leurs données d'émissions conservent désormais les acheteurs, les banques et les capitaux qui continuent de les contrôler.

L'examen a dépassé la date limite

Le paquet « Omnibus » de l'Union européenne a relevé le seuil prévu par la directive relative au reporting extra-financier des entreprises (CSRD) aux entreprises comptant plus de 1 000 salariés et dont le chiffre d'affaires dépasse 450 millions d'euros, ce qui exclut environ 80 % des entreprises précédemment concernées du champ d'application obligatoire. La Suisse s'engage dans la même voie : son projet de loi sur le reporting et la diligence raisonnable ne s'appliquerait qu'à une centaine des plus grandes entreprises du pays, celles comptant plus de 1 000 salariés et dont le chiffre d'affaires dépasse 450 millions de francs suisses (≈ 488 millions d'euros).

Lorsqu'une obligation fixe disparaît, le biais du statu quo et l'aversion à la perte (cette asymétrie que Daniel Kahneman et Amos Tversky ont été les premiers à mettre en évidence, et que Richard Thaler a transposée dans le domaine des politiques publiques) poussent les équipes à l'inaction. De nombreux responsables du développement durable ont interprété la suppression d'une échéance comme la disparition du risque, et ont discrètement baissé les bras.

Cette analyse coûte cher. Les équipes chargées des achats continuent d'envoyer des questionnaires sur les émissions. Les prêteurs continuent d'intégrer l'exposition climatique dans le coût du crédit. Le recours à des vérifications externes est déjà la norme : En 2023, 73 % des grandes entreprises du G20 ont fait certifier leurs données en matière de développement durable par un organisme tiers., contre 51 % en 2019, dont la majeure partie relevait de l’assurance limitée. Le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (CBAM) de l’UE continue d’exiger des données sur les émissions intrinsèques liées aux importations de biens à forte intensité carbone tels que l’acier, le ciment et l’aluminium. Et l’EFRAG Norme volontaire pour les petites et moyennes entreprises (VSME) existe précisément parce que les géants concernés ne cessent de répercuter les demandes de données tout au long de leurs chaînes de valeur. Le champ d'application s'est restreint ; la demande de chiffres fiables s'est amplifiée.

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